Un illustre écrivain qui y séjourna et donna son nom au domaine, devenu le domaine de Boileau
Le poète Nicolas Boileau (1636-1711) vint à séjourner à la seigneurie de Haute-Isle, tenue par son neveu et juste contemporain Nicolas Dongois (Mme Boileau mère eut son dernier fils, Nicolas, presque au même moment où sa fille ainée, épouse Dongois, donnait naissance à sont fils Nicolas Dongois), seigneur de Haute-Isle et de Chantemesle. En 1677, Nicolas Boileau écrivit depuis le Parc de Boileau son épitre à son ami, Monsieur de Lamoignon (épître VI) :

Nicolas Boileau-Despréaux
Huile sur toile d’après Hyacinthe Rigaud
Château de Versailles
<< Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville,
Et contre eux la campagne est mon unique asile.
Du lieu qui m'y retient veux-tu voir le tableau ?
C'est un petit village, ou plutôt un hameau,
Bâti sur le penchant d'un long rang de collines,
D'où l'œil s'égare au loin dans les plaines voisines.
La Seine, au pied des monts que son flot vient laver,
Voit du sein de ses eaux vingt îles s'élever,
Qui, partageant son cours en diverses manières,
D'une rivière seule y forment vingt rivières.
Tous ses bords sont couverts de saules non plantés,
Et de noyers souvent du passant insultés.
Le village au-dessus forme un amphithéâtre :
L'habitant ne connaît ni la chaux ni le plâtre ;
Et dans le roc, qui cède et se coupe aisément,
Chacun sait de sa main creuser son logement.
La maison du seigneur, seule un peu plus ornée,
Se présente au dehors de murs environnée.
Le soleil en naissant la regarde d'abord,
Et le mont la défend des outrages du nord.
C'est là, cher Lamoignon, que mon esprit tranquille
Met à profit les jours que la Parque me file.
Ici dans un vallon bornant tous mes désirs,
J'achète à peu de frais de solides plaisirs.
Tantôt, un livre en main, errant dans les prairies,
J'occupe ma raison d'utiles rêveries :
Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construis,
Je trouve au coin d'un bois le mot qui m'avait fui ;
Quelquefois, aux appas d'un hameçon perfide,
J'amorce en badinant le poisson trop avide ;
Ou d'un plomb qui suit l'œil, et part avec l'éclair,
Je vais faire la guerre aux habitants de l'air.
Une table au retour, propre et non magnifique,
Nous présente un repas agréable et rustique :
Là, sans s'assujettir aux dogmes du Broussain,
Tout ce qu'on boit est bon, tout ce qu'on mange est sain ;
La maison le fournit, la fermière l'ordonne,
Et mieux que Bergerat l'appétit l'assaisonne.
Ô fortuné séjour ! ô champs aimés des cieux !
Que, pour jamais foulant vos prés délicieux,
Ne puis-je ici fixer ma course vagabonde,
Et connu de vous seuls oublier tout le monde ! >>
Nicolas Boileau, Epître VI
Nicolas Dongois fut secrétaire du Roi (Louis XIV - 1638-1715) et greffier en chef du Parlement de Paris. Il était par sa mère le neveu de l’écrivain Nicolas Boileau (1636-1711). Ce sera Nicolas Dongois qui, avec les habitants du village, fit en 1670 ériger l’église troglodytique que l’on peut aujourd’hui visiter, avec son petit clocher émergeant de la pelouse du coteau. Elle fut bâtie en creusant la roche tendre, comme les villageois avaient coutume de le faire depuis des siècles.
Le château était en partie troglodytique, et flanqué de façades d’architecture du XIV et XVème siècle, avec fenêtres à meneaux.
Le blason de N. Dongois a été repris de longue date comme écusson de la commune.
Héraldique: D'argent au chevron de gueules accompagné de trois mouches de sable.

Armorial Général de France, 1696, Charles d'Hozier
23e volume, Paris (1ère partie), page 371